La convulsion fébrile
Une convulsion fébrile est une crise qui survient chez un enfant âgé de 6 mois à 5 ans, au cours d’un épisode de fièvre (38 °C ou plus). C’est le type de convulsion le plus fréquent chez l’enfant : environ 2 à 4 % des enfants en feront au moins une. Bien que très impressionnante et effrayante pour les parents, une convulsion fébrile est dans la grande majorité des cas bénigne et sans danger pour l’enfant.
Pendant la crise, votre enfant peut :
Perdre connaissance
Avoir le corps raide, puis des secousses des bras et des jambes
Avoir les yeux révulsés (tournés vers le haut)
Avoir les lèvres bleutées
Ne pas répondre quand on lui parle
Baver ou vomir
La plupart des crises durent moins de 2 minutes et s’arrêtent toutes seules. Après la crise, l’enfant est souvent somnolent et un peu confus pendant quelques minutes.
Le cerveau des jeunes enfants est encore en développement et peut réagir à la fièvre par une crise convulsive. Ce n’est pas un signe de maladie grave du cerveau. Les causes les plus fréquentes de la fièvre qui déclenche la crise sont :
Les infections virales courantes (rhume, gastro-entérite, roséole…)
Les otites et les angines
Parfois, la fièvre survient après une vaccination
Il existe aussi une prédisposition familiale : si un parent ou un frère/sœur a eu des convulsions fébriles, le risque est plus élevé.
CE QU’IL FAUT FAIRE :
Restez calme. La crise est impressionnante mais elle va s’arrêter toute seule dans la plupart des cas
Regardez l’heure. Notez le début de la crise pour savoir combien de temps elle dure
Allongez votre enfant sur le côté (position latérale de sécurité), sur une surface sûre (le sol, un lit). Cela évite qu’il s’étouffe s’il vomit
Éloignez les objets dangereux autour de lui (meubles, objets pointus)
Desserrez ses vêtements autour du cou
Restez près de lui et surveillez sa respiration
- Amener immédiatement votre enfant à l’urgence. Le médecin évaluera la cause de la fièvre et des convulsions
CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE :
Ne mettez RIEN dans sa bouche (ni doigt, ni cuillère, ni tissu). Contrairement à une idée reçue, un enfant ne peut pas avaler sa langue pendant une crise. Mettre quelque chose dans sa bouche risque de le blesser ou de vous blesser
Ne le maintenez pas de force. N’essayez pas de bloquer ses mouvements, cela ne sert à rien et peut provoquer des blessures
Ne lui donnez ni à boire ni à manger pendant la crise
Ne le plongez pas dans un bain froid
Le risque de récidive est d’environ 30 à 40 %. Cela signifie qu’environ 1 enfant sur 3 aura une nouvelle convulsion fébrile lors d’un prochain épisode de fièvre. Le risque est plus élevé si :
La première crise est survenue avant l’âge de 18 mois
Il y a des antécédents familiaux de convulsions fébriles
La fièvre était peu élevée au moment de la crise
Non. C’est une idée très répandue mais fausse. Le paracétamol et l’ibuprofène aident votre enfant à se sentir mieux quand il a de la fièvre, mais ils ne préviennent pas les convulsions fébriles. Il ne sert à rien de donner des médicaments contre la fièvre « en prévention » dans l’espoir d’éviter une crise.
Dans la grande majorité des cas, non. Les convulsions fébriles simples ne nécessitent pas de traitement antiépileptique au long cours. Les effets secondaires de ces médicaments dépassent les bénéfices pour cette situation bénigne.
Dans certains cas particuliers (crises très prolongées ou répétées), le médecin peut prescrire un médicament d’urgence à administrer si une crise dure plus de 5 minutes. Le médecin vous expliquera comment l’utiliser.
Le risque est très faible. Environ 3 à 6 % des enfants ayant eu des convulsions fébriles développeront une épilepsie plus tard, contre 1 % dans la population générale. La grande majorité des enfants n’aura jamais d’épilepsie.
Non. Les études scientifiques sont rassurantes : les convulsions fébriles simples n’entraînent pas de retard de développement, de baisse de l’intelligence, ni de troubles du comportement. Les enfants qui ont eu des convulsions fébriles ont les mêmes résultats scolaires que les autres.
- Révision scientifique :
- Direction médicale du CHHDD

